Relations et mémoires
|
Relations de l'année
|
| EE 71 |
6 mai 1757
|
|
| EE 72 |
18 juin 1757
|
|
|
" Le comte Marainville, capitaine de carabiniers dans les armées du roi, et que Sa Majesté a envoyé servir à celle du maréchal Daun, ayant rédigé une relation de la bataille du 18 juin, M. le maréchal l'avait envoyé à Vienne pour la présenter à l'Impératrice-Reine, et Sa Majesté l'a fait partir ensuite pour venir porter ces mêmes détails au Roi. Comme cette pièce répand un grand jour sur cette action mémorable et qui a changé toute la face des affaires dans ces quartiers là, on croit la devoir donner au public. La voici : L'Impératrice ayant envoyé ordre à M. le maréchal de Daun de se porter avec son armée vers Prague pour favoriser la sortie de celle qui était bloquée et qu'elle se joignit à la sienne, M. le maréchal reçut cet ordre le 11 juin à son camp de Goltz-Jenescau, et dès le lendemain il en partit. L'Impératrice envoya en même tems plein pouvoir à M. le maréchal de Daun de se conduire selon qu'il le jugeroit à propos, connoissant sa prudence et sa capacité, cette princesse ne pouvant pas confier ses intérêts en de meilleures mains. Après plusieurs journées de marche pénible, M. le maréchal occupa le 15 de juin le camp de Gintiltz ; il devoit marcher le 16 par Kaurzim qui étoit son chemin le plus facile pour remplir son objet. Le roi de Prusse, qui la veille étoit arrivé à l'armée de M. de Bevern avec un renfort considérable, ayant une parfaite connoissance du païs, jugea sans doute qu'il embarasseroit M. le maréchal de Daun en se campant à Kaurzim. Il vint effectivement s'emparer de ce camp le 15. M. le maréchal en ayant été informé, sentit l'embarras où cela le mettait parce qu'il ne pouvoit plus marcher que par sa gauche cause à des défilés, des marais et des bois qui avoient rendu cette marche dangereuse et difficile. En marchant par sa droite, il falloit passer devant Kaurzim et prêter le flanc à l'armée du Roi ; ou, si on l'avoit voulu éviter, il auroit fallu se jeter beaucoup sur la droite ; alors M. le maréchal se seroit trouvé après cette marche plus éloigné de Prague qu'il ne l'étoit la veille, et d'ailleurs exposé à ce que le roi de Prusse ne cherchât à occuper toujours des positions où il barreroit le chemin à l'armée impériale, ce qui est facile dans ce païs là où tout est poste. Cela prouva à M. le maréchal de Daun la nécessité de hasarder une bataille pour parvenir à dégager l'armée de Prague, en cas que l'évènement en fût heureux comme il pouvoit s'en flatter par la beauté de l'armée qu'il commandoit, par l'ardeur que les troupes avoient de combattre et enfin par l'affection qu'elles avoient pour ce général qui la mérite à juste titre. M. Le maréchal résolut donc d'aller le lendemain se camper en présence du roi de Prusse pour l'engager à l'attaquer, ou pour l'attaquer lui-même, s'il en trouvait l'occasion favorable, à Krichenau. Il y établit son quartier. Le 17, M. le maréchal apprit que le roi de Prusse avait fait marcher son armée vers Planian ; il monta à cheval pour aller lui-même reconnoître ses mouvemens. Il vit que le Roi se portoit sur son flanc droit, et qu'il convenoit de changer la position de ses trouppes ; il en prit une par laquelle il faisoit face à Planian, apuyant sa gauche à une petite montagne isolée dans la plaine ; il y plaça deux lignes d'infanterie avec beaucoup d'artillerie. Sur sa droite il y en avoit une autre, un peu plus considérable, sur laquelle il plaça le reste de son infanterie sur deux lignes avec deux lignes de cavallerie sur sa droite, sur le plateau de cette montagne, où il y a un terrain propre pour de la cavallerie. Dans l'intervalle de ces deux hauteurs, où sa gauche et sa droite étaient appuyées, il y avoit une plaine d'environ 2.500 pas. M. le maréchal y plaça deux lignes de cavallerie et une troisième en réserve, parce qu'il pouvoit craindre que le Roi de Prusse qui étoit aussi fort que lui en cavallerie, ne tentât de l'attaquer, et ne fit tous ses efforts pour le battre afin de séparer son armée en deux. Aussi M. le maréchal prit-il toutes les précautions possibles pour le parer, en garnissant d'artillerie les flancs et même le front de sa première ligne de cavallerie ; la journée se passa dans cette situation. Le 18, le roi de Prusse continua à faire marcher son armée par sa gauche en suivant la chaussée de Prague à Vienne, cherchant toujours de gagner le front droit de l'armée impériale. M. le maréchal de Daun jugea très bien le dessein du roi de Prusse. Il ordonna à sa réserve de se porter à sa droite pour couvrir son flanc. A neuf ou dix heures environ, la tête de l'armée du Roi arriva au village de Zlatidunitz qui étoit en face de l'armée impériale, à une demie lieue de distance, où le Roi lui fit faire halte jusqu'à midi pour donner le tems aux colonnes de cavallerie et d'infanterie de s'y rassembler. A midi tout s'ébranla, en suivant toujours la chaussée, pour se porter sur le flanc droit de l'armée impériale. M. le maréchal qui l'avoit jugé ainsi avoit pris toute sa seconde ligne pour la joindre à sa réserve et en former un corps considérable de trouppes pour soutenir l'attaque du roi de Prusse. Vers une heure et demie la tête des colonnes de cavallerie et d'infanterie du Roi parut vis à vis du corps de bataille de M. le maréchal qui étoit en ordre et prêt à recevoir l'ennemi. L'infanterie prussienne se forma et marcha en bon ordre pour attaquer M. le maréchal de Daun qui s'avança à sa rencontre. Vers deux heures, l'attaque commença par le feu de mousqueterie de la part des Prussiens avec une vivacité incroyable ; il faut en avoir été témoin pour s'en faire une juste idée. Il étoit accompagné de celui de l'artillerie qui étoit égal en vivacité ; les trouppes impériales y répondirent par un feu très vif de mousqueterie et d'artillerie. Le roi de Prusse avoit placé sur une petite butte qui était derrière son infanterie 14 pièces de gros canon qui ont beaucoup incommodé les trouppes impériales pendant toute la bataille. Cette première attaque a duré environ une heure et demie au bout de quel tems le feu des trouppes impériales, plus meurtrier que celui des Prussiens, les a obligés à quitter le champ de bataille pour reprendre haleine, et se mettre en ordre pour revenir à la charge. Après un espace de tems, les Prussiens revinrent attaquer les Impériaux ; ils furent reçus et repoussés comme à la première attaque ; il y en eut sept consécutives depuis deux heures jusqu'à sept et demie que s'est faite la dernière qui a été extrêmement vive pour faire un dernier effort. Tout ce qu'il y avoit de trouppes prussiennes à cette dernière attaque, vint de tous côtés charger avec fureur les trouppes impériales qui les reçurent avec la plus grande bravoure et la plus grande fermeté. Ce combat général a été très vif ; et enfin vers huit heures et un quart, les trouppes prussiennes ont été obligées de plier de toutes parts et de se retirer dans un grand désordre. M. le maréchal de Daun, détacha quelques trouppes d'infanterie et de cavallerie pour les suivre ; le corps des trouppes légères commandé par le général Nadasti s'est mis à leur poursuite et les a suivis fort loin en faisant beaucoup de prisonniers. Il convient, avant de finir cet article, de parler de la valeur distinguée avec laquelle les caribiniers et les chevaux légers saxons se sont comportés dans cette affaire. Les carabiniers ayant devant eux de l'infanterie prussienne dont le feu de mousqueterie et d'artillerie les incommodoit beaucoup, envoyèrent demander à M. le maréchal la permission d'attaquer cette infanterie ; et, sur celle qu'ils en reçurent, ils se portèrent avec vivacité sur elle, pénétrèrent dans leurs rangs et y passèrent au fil de l'épée tout ce qui fit résistance ; ils prirent quelques pièces de canon et quelques drapeaux. Les chevaux légers ont eu a combattre de la cavallerie et l'ont pliée avec une valeur infinie. Voilà ce qui s'est passé à la droite où l'action a été la plus vive. Voici le détail de ce qui concerne l'aile gauche de l'armée impériale : Deux heures environ après que l'attaque de la droite a été commencée, l'aile droite de l'armée prussienne s'avança vers l'aile gauche de l'armée impériale pour l'attaquer, ce qu'elle n'auroit jamais osé entreprendre à cause de la situation avantageuse où cette aile se trouvoit : elle étoit sur une montagne dont l'accès étoit presque impossible, ayant devant elle plusieurs batteries de gros canon qui faisoient un effet étonnant sur les trouppes prussiennes. Quand l'aile droite des Prussiens fut arrivée au pied de la montagne, elle y fit halte. Au bout d'un certain tems, l'aile gauche impériale, voyant que les Prussiens n'avançoient plus, se sentant animée du désir de combattre et de partager avec le reste de l'armée la gloire d'avoir combattu, quitta le terrain presqu'inattaquable où elle étoit, pour descendre jusqu'au pied de la montagne, et y aller combattre les Prussiens. L'infanterie impériale attaqua avec beaucoup de vivacité celle des Prussiens ; le feu fut extrêmement vif de part et d'autre et dura plus d'une heure, au bout du quel tems l'infanterie prussienne plia et se retira à quelque distance pour se rallier. La cavallerie impériale se présenta pour charger la cavallerie prussienne qui étoit devant elle ; mais celle-ci se replia sur son infanterie. Les trouppes impériales ont eu la prudence de ne pas poursuivre leur avantage dans cette partie pour ne point trop se désunir de l'aile droite et s'éloigner trop de leur terrain. Environ une heure après, cette aile droite prussienne revint de nouveau attaquer l'aile gauche de l'armée impériale. Cette attaque ne dura pas plus d'une demie heure, parce que les Autrichiens combattirent avec tant de bravoure et de vivacité qu'ils contraignirent encore les Prussiens à se retirer en désordre, l'infanterie comme la cavallerie. Ils allèrent reprendre leur même terrain, rassemblèrent toute leur artillerie et continuèrent à canonner les trouppes impériales pendant tout le tems que la bataille a duré. Il ne faut point omettre de parler d'une action particulière qui s'est faite à cette aile gauche, qui fait honneur aux trouppes et à l'officier général qui les commandoit. Pendant cette seconde attaque, six bataillons qui se trouvoient aux ordres de M. le comte d'Esterhazy manquèrent de munitions, et on n'étoit point en état dans ce moment d'en donner. M. le comte d'Esterhazy sentant que la circonstance étoit critique, pensa qu'il n'y avoit point d'autre parti à prendre que de charger avec la bayonnette ce qui se trouvoit devant lui. Il ordonna à ces six bataillons de le suivre et de charger les Prussiens, ce qui fut exécuté avec valeur ; et dans l'instant les trouppes prussiennes furent pliées : le feu cessa peu de tems après, et les Prussiens se retirèrent en désordre comme on l'a déjà dit. Cette bataille est d'une espèce singulière, car elle a été générale. L'armée a chargé dans tout son front, et il n'y a pas eu un corps tant d'une armée que de l'autre qui n'ait donné plus d'une fois. On voit rarement des batailles aussi vives. Les Prussiens ont laissé sur le champ de bataille environ 6.000 morts, 45 pièces de canon dont une grande partie de gros calibre ; on leur a pris 22 drapeaux et 6 à 7.000 prisonniers, y compris les blessés ; on estimoit le nombre des déserteurs à 7.000. Voilà l'état qu'on en avoit quand M. de Marainville est parti de l'armée de M. le maréchal de Daun ; mais il arrivoit encore à chaque instant des déserteurs, et on ramenoit des blessés de tous les villages voisins, M. le maréchal de Daun a eu un état de 8.000 morts environ, enterrés sur le champ de bataille, sur quoy on a estimé qu'il pouvoit y avoir 6.000 Prussiens. Les Autrichiens ont eu 5 à 6.000 blessés. On ne sçauroit trop exalter la sage conduite de M. le maréchal de Daun, non seulement à l'égard de la bataille, mais dans les jours qui l'ont précédée : il s'est placé pendant toute l'action entre ses deux lignes d'infanterie, où il a essuyé les plus grands dangers au milieu du feu de la mousqueterie et de l'artillerie chargée à cartouches. On est redevable du gain de cette bataille à la valeur avec la quelle les trouppes autrichiennes ont combattu ; mais on doit penser que la bravoure et la fermeté de M. le maréchal ont beaucoup influé sur celles des trouppes. Ce général a reçu à cette bataille deux blessures qui, heureusement, n'ont point été dangeureuses ; il a eu un cheval tué sous lui et un autre blessé ; tout le monde, depuis les officiers généraux jusqu'aux soldats, trembloit pour sa vie, par la façon dont il s'est exposé ; ç'auroit été effectivement le plus grand de tous les malheurs que de le perdre. La modestie avec laquelle ce général s'est fait voir après s'être couvert de gloire dans cette action mémorable, ajoute infiniment aux éloges qu'il mérite : c'est la pierre de touche des grandes âmes. Le prince Charles de Lorraine ayant été instruit qu'on enlevoit toute la grosse artillerie et les munitions qu'on avoit fait venir pour former le siège de Prague, est sorti avec une partie de la garnison pour attaquer le maréchal Keith dans ses retranchements de Weissenberg, et il lui a tué environ 1.700 hommes et fait 1.400 prisonniers ; il a pris aussi quelques pièces de canon. Il n'a pu le poursuivre qu'une lieüe, n'ayant point de cavallerie. On ne peut pas douter que la bataille, que les trouppes impériales ont gagnée, n'ait été décisive et complette, puisque le roi de Prusse a levé le siège de Prague si précipitamment ". |
||
| EE 73 |
1757
|
|
| EE 74 |
Journal du siège de Breslau, et termes de la capitulation conclue avec S. M. le roi de Prusse.
|
1757 |
| EE 75 |
Relation complète de la bataille livrée le 5 décembre de cette année à Leuthen, en Silésie, et qui a été une magnifique victoire
pour les Prussiens.
|
1757 |
Relations de l'année
|
| EE 76 |
31 mai 1758
|
|
| EE 77 |
Articles de la capitulation demandée d'une part par M. de Boccard, maréchal de camp, commandant les troupes du Roi à Ruremonde,
et accordée par S. A. le prince héréditaire de Brunswick et Wolfenbüttel, commandant les troupes devant Ruremonde, 28 juin
1758.
« Articles de la capitulation conclue entre L. Exc. L'amiral Boscaven et le général major Amherst, et S. E. le chevalier de Drucour, gouverneur de l'isle du Cap-Breton, de la ville de Louisbourg, de l'isle Saint-Jean et de leurs dépendances », 26 juillet 1758. |
26 juin-26 juillet 1758 |
|
Art. 1 : la garnison de Louisbourg sera prisonnière de guerre et sera transportée en Angleterre sur les vaisseaux de Sa Majesté Britannique ; - art. 2 : toute l'artillerie, les munitions de guerre et de bouche, les provisions et les armes de toute espèce qui se trouvent à présent dans les villes de Louisbourg et les îles du Cap-Breton et de Saint-Jean seront livrées aux commissaires nommés pour les recevoir pour l'usage de S. M. Britannique ; - art. 3 : le gouverneur donnera ses ordres pour que les troupes qui sont dans l'île de Saint-Jean, s'embarquent sur les vaisseaux de guerre que l'amiral enverra pour les recevoir ; - art. 4 : la porte appelée porte Dauphine sera livrée le 27 juillet à 8 heures du matin aux troupes de S. M. Britannique, et la garnison, y compris tous ceux qui auront porté les armes, sera rangée à midi sur l'esplanade où elle déposera ses armes, drapeaux et ornements de guerre, et la garnison sera embarquée pour être transportée en Angleterre ; - art. 5 : on prendra le même soin des malades et des blessés qui sont dans les hôpitaux que de ceux qui appartiennent à S. M. Britannique ; - art. 6 : les marchands et leurs commis qui n'auront pas porté les armes, seront renvoyés en France de la façon que l'amiral jugera à propos. Signé : le Chevalier de Drucour. - On a trouvé dans la place 221 canons et 18 mortiers, et une quantité considérable de munitions de guerre et de bouche. La garnison de Louisbourg, lorsqu'elle a capitulé, était ainsi composée : 24 compagnies " de marines " de la garnison ordinaire et 2 compagnies d'artillerie, au total 1.917 hommes ; le deuxième bataillon de volontaires étrangers, fort de 526 hommes ; le deuxième bataillon " de Cambis ", fort de 608 hommes ; le deuxième bataillon d'Artois, fort de 466 hommes ; le deuxième bataillon de Bourgogne, fort de 414 hommes ; les officiers de mer, matelots et soldats de marine propres à servir, avec les malades et les blessés appartenant aux vaisseaux, au nombre de 2.606 ; soit pour le total général des prisonniers : 5.637 hommes. " Tous les vaisseaux de guerre françois qui étoient dans le port ont été brûlés et détruits : Le Prudent, 74 pièces de canons, brûlé par les bateaux de la flotte sous le commandement des capitaines de Leforey et Balfour ; l'Entreprenant, 74 pièces de canons, a été brûlé et sauté en l'air par un boulet de la batterie marine ; le Capricieux, le Célèbre, tous les deux de 64 canons, brûlés par l'Entreprenant ; le Bienfaisant, 64 pièces de canons, pris par les bateaux de la flotte, et tous de dessous les murs de la ville dans le port Oriental par capitaine Balfour ; l'Apollon, 50 pièces de canons, les frégattes la Chèvre, la Biche, la Fidelle, coulées à fond par l'ennemy à travers l'embouchure du port pour empêcher l'entrée de la flotte ; le Diane, 36 pièces de canons, prise par la frégate de Sa Majesté le Borée ; l'Écho, 26 pièces de canon, prise par la frégate de Sa Majesté la Junon ". 26 juillet. |
||
| EE 78 |
Relation de la bataille du 25 août près du village de Zorndorff entre les Prussiens et les Russes, à l'avantage de ces derniers,
1758.
|
25 août 1758 |
|
Au nombre des prisonniers figurent : le lieutenant général Soltikow, le lieutenant général Czernichef, le major général Manteufel blessé, les brigadiers Thiesenhausen et Sievers, tous deux blessés, les colonels Follerton, Beketow, Hauser, ce dernier blessé, 4 officiers de l'état-major, 81 officiers subalternes, un aumônier luthérien et 1.200 sous-officiers et soldats ; au nombre des blessés : les généraux en chef comte de Fermor blessé au pied, et Brown, " blessé d'armes blanches par un officier prussien qui, l'ayant fait prisonnier, lui porta plusieurs coups de sabre au moment que cet officier vit que les Russes accouroient pour dégager le général ", le lieutenant général prince Dolgorouky, les généraux majors Olitz, prince Lubomirsky, Panin, Léondiow, Jasikow, Olmer, les brigadiers Gangrewen et Vilmour ; parmi les tués : les brigadiers Ourvarow et Puskin. - " Rapport du chasseur envoyé par S. A. R. Mgr le prince Charles [de Saxe] sur l'action commencée le 25 d'août 1758 à 9 heures et demie du matin ". " Le roi de Prusse attaqua par sa gauche la droite de l'armée russe, commandée par Mrs. Fermor et Panin. Cette même aile droite repoussa deux fois de suite l'aile des ennemis ; la troisième fois il attaqua de deux côtés en même tems. La cavallerie prussienne de la gauche, composée de 7 à 8 régimens, ne trouvant à l'aile droite qu'un seul régiment des cuirassiers russes, pénétra facilement et divisa par cette manoeuvre notre armée en deux parties. Monseigneur le prince Charles se trouvant avec l'aile droite, voulut avertir le général en chef de ce désordre ; mais aiant été coupé et poursuivi par la cavallerie légère des Prussiens, il fut obligé de se retirer à la nage au travers d'une rivière accompagné du général autrichien Saint-André, avec beaucoup de peine. Treize de ses chevaux de main restèrent embourbés dans le marais. De l'autre bord S. A. R. se retira à Soldin. Dès qu'il fut passé, les hussards ennemis au bord opposé firent un grand feu de carabines, et bientôt après l'ennemi l'auggmenta par une batterie. Les généraux russes indignés contre les fuyards, firent border le marais par notre propre infanterie pour les obliger de se former et de retourner à la charge ; ils ont si bien obéi que toute la nuit le petit feu a continué avec véhémence. S. A. R. partit la même nuit sur les avis que l'on eût que des partis ennemis se faisoient voir, et se rendit à Driesen. Samedi matin, tous les fuyards de la gauche s'étant formés la nuit, recommencèrent la bataille à 6 heures du matin et repoussèrent l'ennemi avec un courage héroïque, au point qu'ils rejoignirent l'aile gauche dont ils avoient été séparés la veille et reprirent une grande partie du bagage et de l'artillerie qu'ils avoient perdu par leur fuite. Par ce moïen l'armée se trouva samedi au soir sur l'ancien champ de bataille. Les Prussiens et les Russes passèrent cette nuit à bivac. Dimanche, les armées restèrent tranquilles. Le général Romanzow joignit avec 4 régiments de cavallerie l'armée, assurant que le reste de son corps suivroit la même nuit ou lundi matin tout au plus tard. Sur ces informations, le général Fermor expédia un courrier à S. A. R. à Driesen pour l'informer que, dès ce renfort seroit arrivé, il comptoit d'attaquer l'ennemi sur nouveaux frais, qui doit être dans un triste état, n'aïant pas un homme, bien loin un corps entier de troupes fraîches de renfort à attendre. Le même jour un lieutenant hussard autrichien avec 20 hommes de l'armée de M. le maréchal de Daun joignit l'armée russe, raportant qu'il avoit traversé toute la marche sans aucun empêchement, qu'arrivé aux portes de Berlin, les bourgeois qui composoient l'unique garde l'avoient pris pour un Prussien et lui avoient rendû tous les honneurs ; qu'il ne s'y étoit point arrêté, n'aïant pour but que de joindre l'armée russe. - Officiers généraux blessés que l'on sçait jusqu'à présent : le général en chef de Fermor, légèrement ; le général de Browne, à la mort ; le lieutenant général comte de Czernizeff, légèrement ; le major général de Panin, à la mort ; le major général Tottleben, à la mort ; le major général prince Lubomirsky, à la mort ; le colonel comte Branicki, à la mort. (S. A. R. a expédié le chasseur avec de pareils ordres, n'aïant pas eu le tems de les coucher par écrit dimanche à 8 heures du soir). Le général de Stein est arrivé hier le 1er en courrier, qui a confirmé presque tout. Il s'étoit retiré le 25 à Schwedt, lorsque l'aile droite avoit plié ; et il est retourné avec le général Romanzow jusqu'à Landsberg, qui s'est rendû avec un corps de 14.000 hommes le 29e à l'armée du général Fermor pour finir l'affaire. Le général Fermor lui avoit écrit une lettre, qu'il n'attendoit que son arrivée pour achever l'ennemi, qui n'eût plus que 5.000 hommes d'infanterie et un corps de cavallerie, et qu'il lui eût déjà pris 72 pièces de canon. Ce général trouva le 29e au matin Monseigneur le prince Charles qui se rendoit aussi de nouveau à l'armée de Fermor de laquelle il avoit été coupé. Les cavaliers et autres domestiques de Monseigneur le prince Charles se sont retrouvés, jusqu'au chirurgien Montanus. Quant aux généraux tués, cela varie ; mais il est certain qu'il y a une quantité des blessés, et qu'on compte de part et d'autre plus que 40.000 hommes sur le champ de bataille. On attend à chaque moment le courrier avec le dénouement ". - Note sur le dénouement de la bataille de Zorndorf : " Le dénouement de la bataille commencée le 25e et continuée le 26 d'août a encore été tel que les Prussiens s'étant retirés vers Custrin, le général Fermor n'a pas jugé à propos de les y suivre, n'ayant surtout pas encore été joint par le général Romanzow. Il s'est de son côté mis en marche le 30e au soir et a établi son camp sur les hauteurs près de Landsberg d'où il tire ses provisions et où il a fait mettre ses blessés. Chemin faisant il a été joint par le corps du général Romanzow, de façon que l'armée qu'il a actuellement ensemble remonte de nouveau déjà à 35.000 hommes Aussi ne veut-il laisser que quelques jours de rafraîchissement aux trouppes après quoi il remarchera en avant chercher l'ennemi et prêter la main aux Suédois ". |
||
| EE 79 |
10 octobre 1758
|
|
|
"... Au premier moment de l'attaque générale, toute l'armée françoise ayant marché à même hauteur, MM. De Soubise et de Fitzjames se trouvèrent à la fin à portée de canonner vivement la partie des ennemis la plus proche d'eux, et la contraignirent par là à se jeter en désordre dans les bois qui bordent la Verra. M. le marquis de Crillon, avec des détachements tirés de la gauche de l'armée, suivit les ennemis et les canonna pendant la nuit jusqu'à 3 heures le matin. Toute la division de M. de Chevert s'étant rangée près la bataille sur le champ où il avoit combattu et vaincu, M. le prince de Soubise y vint faire ses remerciements à M. de Chevert, à S. A. R. et à toutes les troupes françoises, saxonnes et palatines, qui avoient partagé les fatigues et la gloire de cette journée. Le cri de victoire " Vive le Roi " fut répetté à plusieurs reprises par toutes ces troupes. - La perte que la division M. de Chevert a faite ne passe pas mille hommes tués ou blessés. L'infanterie saxonne y est à peu près pour un tiers, et 12 officiers saxons ont été blessés ; la cavallerie françoise à fait la plus grande perte, et la brigade des cuirassiers est celle qui a le plus souffert. M. le marquis de Voyer, maréchal de camp, et M. de Colincourt, maréchal général des logis de la cavallerie, ont été blessés, mais sans danger. Le vicomte de Belzunce, qui menoit l'avant-garde de la colonne de la droite, a été mortellement [blessé]. La perte de l'ennemi entre tués, blessés et prisonniers, va au delà de 3.000 hommes. Du nombre des derniers est M. le général de Zastrow, hannovrien, blessé d'un coup de canon au visage et de plusieurs coups de sabre sur la tête ; indépendamment de ce général, on a encore fait prisonniers 3 colonels, 2 lieutenants-colonels et une trentaine d'autres officiers de tout grade On a pris pendant la bataille et la retraite 22 pièces de canon dont 6 ont été enlevés, baïonette au bout du fusil, par l'infanterie saxonne sur la montagne de Stolberg, et 13 à la poursuite de l'ennemi par le comte de Berchini, colonel des hussards ; les 3 autres par la cavallerie françoise. On a enlevé de plus 4 drapeaux et 3 étendarts, que le comte de Conflans, mestre de camp du régiment d'Orléans-Cavalerie, a été chargé par M. le prince de Soubise d'aller présenter au Roi à Fontainebleau, où M. le prince de Rochefort, brigadier, avoit été dépêché au moment même de la fin de la bataille pour porter la nouvelle de la victoire. M. de Chevert dans sa relation a rendu la justice la plus éclatante à l'ardeur avec laquelle touttes les troupes avoient combattu à l'envi les unes des autres ; et il y eut effectivement la plus grande émulation entre les François, les Saxons et les Palatins. Tous les chefs tant généraux que particuliers ont mérité les plus grands éloges. - S. A. R. a eu le plus grand sujet de se louer de la prudence, de la valeur et de tous les talents supérieurs de M. le lieutenant général baron de Dyhern qui, pendant le combat, a fait manoeuvrer les troupes selon les circonstances et toujours avec la plus grande utilité. Tous les officiers de la suite de S. A. R. et nommément MM. Les colonels de La Brüggen, et de Block, et le baron de Weichs, son aide de camp général, ont servi auprès du Prince avec la plus grande distinction ; M. le comte de Brühl et M. le lieutenant-colonel de Zetzschwitz ont été de la plus grande utilité à M. de Chevert ; MM. Les aides de camp du lieutenant général de Dyhern et majors de brigade à l'armée, le comte de Zinzendorff, les majors Lucke, Neidert, Foesch, et les capitaines Sohultz, Schilling, se sont acquittés des diverses commissions dont ils ont été chargés, avec autant de zèle que d'intelligence. Le major Richer a fait servir l'artillerie saxonne avec la plus grande vivacité et utilité. L'armée passa la nuit sur le champ de bataille. Le lendemain 11, la division de M. de Chevert vint reprendre son camp du 9, en arrière du ruisseau de Betten-Hagen où elle fit avec toute l'armée, le 12, la réjouissance pour la victoire remportée ; et le 13 le corps amené par M. le duc de Fitzjames, précédant d'une marche la division de M. de Chevert, fut campé à Mertenhagen pour y être relevé le lendemain par M. de Chevert, et remarcher ensuite dans cette proportion pour se rejoindre à M. le maréchal de Contades, ou occuper suivant les circonstances une position intermédiaire entre l'armée de ce général et celle de M. le prince de Soubise ". |
||
Relations de l'année 1759
|
| EE 80 |
31 juillet 1759
|
|
| EE 81 |
Relation de la bataille de Minden, avec des réflexions militaires sur ce qui a précédé et suivi la journée du 1er août.
|
1er août 1759 |
| EE 82 |
Relation de la bataille de Minden livrée entre l'armée française commandée par le maréchal de Contades et celle des alliés
aux ordres du prince Ferdinand de Brunswick, avec le détail de tout ce qui l'a précédé et l'a suivi jusqu'à l'arrivée de l'armée
française sous Cassel, 1er août 1759 - 20 janvier 1760.
|
1er août 1759-20 janvier 1760 |
|
" M. le maréchal, déterminé à attaquer l'ennemi dans la position qu'il occupoit, la droite à un bois vers le village de Witlo, et la gauche à un cabaret derrière celui d'Holtzheusen, assembla le 31 juillet au soir tous les généraux de l'armée, leur lut le plan des dispositions générales et en donna à chacun une copie afin de les mettre en état d'exécuter ses ordres avec plus de précision. Le coup de retraite du 31 servit de générale ; l'armée se mit en bataillon devant son camp ; ensuitte à 10 heures du soir en marche sur huit colonnes. La réserve de M. le duc de Broglie passa le Weser sur le pont de la ville, et formoit la 9me colonne de la droite ; elle fut renforcée par les grenadiers de France et royaux ; sa destination étoit d'attaquer rapidement le village de Todenhausen, d'en chasser l'ennemi, et d'attaquer avec la même vivacité le camp volant de M. de Wangenheim qui étoit sur le chemin de Petershagen et qui couvroit la gauche de l'ennemi. Deux brigades d'infanterie aux ordres de M. le duc d'Havré et 4 pièces de canon du parc avec les volontaires de Dauphiné, de Muret et de Hainaut, furent envoyés sur la digue d'Ekost qui traverse le marais et va aboutir au village d'Hille. Ce général devoit faire une fausse attaque en canonnant le retranchement que l'ennemi avoit au village d'Hill, et de communiquer par les gorges de Berkirchen avec M. le duc de Brissac qui étoit derrière le ruisseau d'Eltze, et en cas de malheur, de couvrir la retraite de l'armée. A la pointe du jour l'armée se mit en bataille sur deux lignes, la gauche au village de Hall, la droite vers les bois qui sont en avant de Todenhausen, l'infanterie sur les deux ailes, la cavalerie au centre sur une bruyère. La réserve de M. le duc de Broglie appuyoit sa gauche à notre droite, et étendoit sa droite vers l'escarpement du Weser. A 5 heures du matin, M. le duc de Broglie a commencé à canonner le village de Todtenhausen, et M. le duc d'Havré celui d'Hill. Tandis que l'armée achevoit à se former, la brigade de Champagne se posta dans les hayes en avant de Halle ; la brigade du Roy y appuyoit sa gauche ; la première brigade saxonne étoit placée derrière ces deux brigades pour les soutenir ; la seconde brigade saxonne soutenoit celles d'Aquitaine et de Condé. La canonnade de la droite étoit très vive entre la réserve de M. le duc de Broglie et le corps ennemi qui s'étoit avancé jusqu'à Todtenhausen. M. le duc de Broglie ayant trouvé plus de trouppes que l'on ne l'avoit imaginé la veille, en a rendu compte à M. le maréchal qui a joint à la première la seconde ligne de l'infanterie aux ordres de M. de Nicolay pour soutenir M. le duc de Broglie. Vers les 7 heures, l'ennemi a fait déboucher par le bois, qui étoit vis-à-vis de notre centre, de l'infanterie en première et de la cavalerie en seconde ligne avec du canon qui se croisoit sur tout le front de notre cavalerie qui chargea l'ennemi, mais ne put jamais percer. M. le maréchal ordonna alors à M. le marquis de Beaupréau d'occuper avec les brigades d'infanterie de Turaine et de Rouergue et 8 pièces de canon de 8, quelques maisons entourées de hayes qui étoient en avant de la droite de notre cavalerie pour la protéger à prendre à revers cette infanterie ennemie qui s'avançoit avec tant d'audace. La seconde ligne de la cavalerie n'eut pas un meilleur succès, de même que la gendarmerie et les carabiniers conduits par M. de Poyanne qui y fut blessé d'un coup de feu et de quelques coups de sabre. Toutte cette cavalerie mise en déroute, le centre fut percé. Les brigades de Turaine et de Rouergue qui n'avoient pas encore achevé d'occuper les maisons dont on vient de parler, furent attaquées par leur flanc droit par plusieurs escadrons de la cavalerie, ce qui les a obligées de se replier sur les brigades d'Auvergne et d'Anhalt placées dans les hayes en arrière de la bruyère. L'ennemi se rendit maître de ces maisons et y plaça du canon qu'il tira avec beaucoup de vivacité. Alors l'ennemi, ayant gagné du terrain, se déploya dans la plaine, et chargea vivement les brigades de Condé et d'Aquitaine qui formoient la droite de notre infanterie de la gauche qui reçut l'échec avec fermeté. Mais elles plièrent ensuite, et, telles peines qu'on s'eût données, on ne put jamais les ramener à la charge. Sur cela, avance à la charge la seconde brigade saxonne et chargea la droite de l'ennemi composée de grenadiers anglois qui s'avançoient pour nous attaquer. Cette attaque fut très vive et très heureuse ; les grenadiers ennemis furent repoussés et nos régiments saxons dépassèrent leur champ de bataille de 200 pas. Les brigades françoises de la première ligne qui étoient déjà derrière nous, animées par le bon succès des Saxons, commencèrent à se former. Mais, au moment que nos régiments saxons poursuivoient l'ennemi, elles les abandonnèrent et découvrirent tout à fait notre flanc droit, ce qui obligea le prince Xavier d'arrêter la brigade dans la poursuite de l'ennemi, d'autant plus qu'une autre colonne d'infanterie ennemie venoit nous prendre en flanc par notre gauche, ce qui mit un peu de confusion dans nos trouppes, qui cependant fut bientôt redressée, et S. A. R. fit faire un flanc de deux régiments de cette brigade avec lesquels il avança vers la colonne qui marchoit sur nous. Mais voyant qu'il nétoit pas secondé par le régiment du Roy qui étoit à sa gauche, et l'autre brigade saxonne étant trop éloignée, et voyant surtout sur son flanc droit qui étoit tout à fait découvert de la cavalerie ennemie, il se retira avec ce qu'il avoit des Saxons. M. de Guerchy, avec la brigade de Champagne, celle du Roy et la première saxonne, couvrit notre retraite. L'ennemi nous a canoné jusqu'au passage du canal ; mais il n'osa avancer davantage, et l'aile gauche rentra dans son vieux camp. M. le duc de Broglie fit sa retraite sur la ville ; la cavalerie rentra aussi au camp ; l'ennemi resta sur le champ de bataille. M. le maréchal, pendant la retraite, reçut la nouvelle que M. le duc de Brissac avoit été attaqué et battu par le prince héréditaire de Brunswig près de Cooweld, et que ce Prince s'étoit rendu maître du pont qui est sur la Werra. Le commandant des gros équipages qui étoient à Rehme, lui marquoit aussi que, sur l'approche de l'ennemi il avoit fais brûler le pont des salines de Rehme, et qu'il se retiroit à Hervorden. Sur touttes ces nouvelles, M. le maréchal, après avoir ordonné à la brigade du Roy, à celle de Champagne et au corps saxon de passer les montagnes et de s'emparer des gorges afin que le prince héréditaire de Brunswig ne vint sur nos derrières, fit passer à tous les équipages, chariots de vivres et d'ambulance, le Weser, ensuite à toutte l'armée qui passa le reste de la nuit au bivac à la rive droite aux ordres du chevalier Nicolay, et ne finit de passer que le lendemain à la pointe du jour. Après que tout fut passé, on brûla les ponts de batteaux et on ne laissa que 300 hommes aux ordres du lieutenant-colonel Augier pour capituler, ce qu'il fit le lendemain à 10 heures du matin. M. le maréchal expédia le même soir un courrier à M. le marquis d'Armentières pour l'avertir qu'il venoit d'être battu et qu'il se retiroit sur Cassel. Il ordonnoit à ce général en même tems d'envoyer des trouppes par Münster sur Wesel et Düsseldorf, de faire sa retraite par Paderborn, et de s'emparer des hauteurs de Warbourg qui couvrent le bassin de Cassel... ". - Du 8 août. Le maréchal de Contades fait border les remparts d'Einbeck de quelques compagnies de grenadiers et garder les portes par quelques autres pendant que l'armée défilait ; l'ennemi attaque la ville, mais il est repoussé avec perte de 400 hommes. L'armée vient camper à Bersen. - Du 10 août. Le maréchal envoie M. de Saint-Germain en avant pour s'emparer des gorges de Münden, ce qu'il fait. Au défilé des gorges près de Volkmarsen, M. de Saint-Germain attaque avec succès l'ennemi, le met en fuite et lui prend 5 pièces de canon qu'il encloue. - Du 16 août. Nouvelle apportée au maréchal de Contades de la seconde victoire remportée par les Russes sur le roi de Prusse près de Francfort sur l'Oder. - Du 18 août. Occupation de Fritzlar. 400 hommes sont laissés à Cassel pour capituler pour eux, pour les malades et blessés qui y restèrent au nombre de 1.200 hommes. - Du 19 août. Nouvelle que la garnison de Cassel a été faite prisonnière de guerre avec tous les malades qui y étaient. - Du 25 août. Arrivée à l'armée du maréchal d'Estrées. Du 27 août. La cavalerie est détachée des corps de MM. D'Armentières et de Broglie et jointe à la grande armée. Ordre à M. d'Armentières d'aller prendre le commandement d'un corps de 20 bataillons et 16 escadrons qui doivent s'assembler sur le Rhin entre Cologne et Wesel. - Du 13 septembre. Capitulation de Marbourg faite par M. Du Plessis, commandant de la place. - Du 16 septembre. Le duc de Broglie chasse les ennemis de Wezlar où ils étaient entrés, et leur brûle le pont qu'ils avaient sur la Lahn au dessus de cette ville. - Du 7 octobre. Bruit que le prince Ferdinand a détaché 8 bataillons et 6 escadrons pour renforcer le général Imhoff et le mettre en état d'entreprendre le siège de Münster. - Du 31 octobre. Départ pour Paris du maréchal d'Estrées suivi du maréchal de Contades et de tous les lieutenants généraux plus anciens que le duc de Broglie ; liste de ces lieutenants généraux. - Du 3 novembre. Le maréchal de Contades remet le commandement de l'armée au duc de Broglie. - Du 14 novembre. Bruit que les Anglais ont quitté l'armée et sont à Corbach. Etc. - Entre les feuillets 25 et 26 : cantonnements de la cavalerie de l'armée ; entre les feuillets 27 et 28 : état d'emplacement de l'armée du Bas Rhin, aux ordres de M. le marquis d'Armentières, le 26 novembre 1759 ; - entre les feuillets 33 et 34 : cantonnements de l'infanterie de l'armée aux environs de Friedberg où le quartier général est établi depuis le 6 décembre 1759 : cantonnement général de la cavalerie, 6 décembre 1759 ; état des cantonnements de la réserve de M. le comte de Saint-Germain ; état des officiers généraux qui ne doivent pas servir pendant l'hiver 1759-1760 et retourneront en France ; état des officiers généraux qui seront employés pendant l'hiver à l'armée du Roi commandée par le duc de Broglie. |
||
Relations de l'année
|
| EE 83 |
23 juillet 1760
|
|
|
En réponse au bulletin publié par les Prussiens au sujet de ce " cruel événement ". Ce mémoire est suivi de l'" état des édifices brûlés ou ruinés dans la ville de Dresde et dans ses faubourgs ", dont le total monte à 432 pour les édifices brûlés et 177 pour les édifices ruinés entièrement ou en grande partie. |
||
| EE 84 |
20 août 1760
|
|
|
"...On a pris à l'ennemi deux pièces de canon de 6 et une de 3 livres avec un chariot de munition. L'on ne sait pas encore le nombre des prisonniers, puisqu'il y en a beaucoup de blessés dans les villages voisins ; mais ceux qui ont été pris les armes à la main montent à 200 hommes, y compris un capitaine et quatre lieutenants ; et l'on peut mettre hardiment la perte des ennemis entre morts, blessés, prisonniers et déserteurs à trois mille hommes. Notre perte monte à 1.800 hommes, parmi lesquels se trouvent le colonel prince de Nassau et le comte Goés des chevau-légers de Deux-Ponts, pris tous les deux et le dernier blessé. - Touttes les trouppes impériales-roiales aussi bien que de l'Empire ont marqué la valeur la plus déterminée et la meilleure volonté pendant ce combat meurtrier qui a duré quatre heures avec toute l'opiniâtreté possible. Les généraux et les officiers ont de leur côté rempli avec exactitude les ordres qu'on leur avoit prescrits ; comme cependant il y en a eu qui se sont distingués préférablement aux autres, il est juste de les nommer. Sans parler de S. A. le général commandant et de S. E. le général de la cavallerie M. de Haddick qui, après avoir fait la disposition générale avec toutte l'intelligence possible, en ont assuré le succès dans l'exécution par leur présence continuelle et par les peines infinies qu'ils se sont données à cet effet, parmi les autres la première place est due à M. le prince de Stolberg qui s'est acquitté de l'attaque dont il a été chargé avec toute la valeur et conduite imaginable, de sorte que c'est à lui principalement qu'on doit l'heureux succès de cette entreprise. Le général Guasco a donné partout des marques éclatantes de ses grands talens militaires et a autant brillé par sa bravoure que par ses manoeuvres. Les deux généraux Kleefeld et Würzbourg ont beaucoup de part à la victoire par la façon dont ils ont conduit les trouppes qui leur étoient confiées. Des officiers majors, ceux qui se sont signalés préférablement sont les majors Wartensleben qui a mené l'avant-garde avec 3 compagnies de grenadiers et 100 volontaires croates avec lesquels il a formé la première attaque, le major comte Andler, de Maquière, qui a commandé ce bataillon impérial-roial des grenadiers qui a le plus souffert, le lieutenant-colonel Wurm, de Würzbourg-Bleu, le colonel Thomann et les deux majors Runckwitz et Euler, du régiment de Deux-Ponts-Infanterie, du cercle de Haut Rhin, lesquels avec leurs bataillons ont arretté la cavallerie ennemie quand elle avoit commencé à s'abandonner sur l'infanterie. Après cela, le colonel Gagi et le major Linck, et le premier capitaine Haynol, de Nicolas Esterhazy, le lieutenant-colonel Fürst et le premier capitaine comte Trautmannsdorff, de Maquière, le colonel Brackel, du régiment de Trèves, qui a eu deux cheveaux tués sous lui ; les 3 officiers majors des chevau-légers : colonel prince de Nassau, lieutenant-colonel comte Lodron, major comte Goës ; enfin les officiers commandés auprès des grenadiers qui sont le général Seckendorff, le colonel Langlois, lieutenant-colonel Eglofstein, majors Hamilton et Kling, et le colonel des Bannalistes comte Ouhich, méritent les plus justes éloges. - Les régiments de Nicolas Esterhazy, Luzani, Maquière, Saxe-Gotha, Würzbourg-Bleu, Trèves et Deux-Ponts-Infanterie avec tous les grenadiers de l'armée, Deux-Ponts-Chevau-légers, Hohenzollern, cuirassiers du Cercle de Suabe, Baranay des hussards et Croates bannalistes ont fait des prodiges de valeur. Tous les officiers des grenadiers, l'adjudant du prince de Stolberg, capitaine Spiznas, et les deux officiers marqués en commencement, le major Lind et capitaine Leeger, se sont acquis beaucoup de gloire. Enfin l'artillerie a soutenu dignement la réputation si brillante de son corps, et les deux officiers, le major Stein et le capitaine Schomberger, dont l'un étoit commandé avec les grenadiers et l'autre avec le corps de réserve, se sont extrêmement distingués et ont bien de part à cette victoire ". |
||
| EE 85 |
3 novembre 1760
|
|
Relations de l'année
|
| EE 86 |
26 janvier 1761
|
|
|
" Les exactions et violences commises par les troupes prussiennes dispersées dans le pays de Schwartzbourg et les bailliages saxons le long de l'Unstrut, jointes aux obstacles qu'elles ont mises à la traite de nos subsistances, ont déterminé S. A. R. à concerter avec M. le comte de Stainville, chargé du commandement du cordon avancé sur l'Unstrut, les moyens les plus convenables pour déloger ou enlever les quartiers ennemis et nous procurer en avant de nous les subsistances nécessaires pour conserver notre position ". Pour effectuer ce projet, le Prince a fait marcher le 25 janvier un détachement de 6.000 hommes tant infanterie que cavalerie sur quatre colonnes : la première aux ordres du comte de Stainville, lieutenant général, chargé de l'exécution de ce plan ; la seconde à ceux de M. de Dunten, lieutenant-colonel dans le régiment de Charles-Maximilien ; la troisième commandée par le baron de Klingenberg, maréchal de camp ; la quatrième, destinée à couvrir le flanc gauche de toute l'opération, sous le commandement de M. de Vignolles. Après différentes attaques, l'ennemi se décide à la retraite à 3 heures de l'après-midi. Tous les rapports assurent que les ennemis ont pris la direction sur Kelbra. Le chiffre total des prisonniers prussiens faits aux différentes attaques de cette journée, a été de 633 hommes dont 11 officiers. |
||
| EE 87 |
15-16 juillet 1761
|
|
|
Après deux attaques très vives, les troupes du Haut-Rhin ont été obligées de battre en retraite. " Notre perte, dit la relation, quoique considérable, l'est beaucoup moins qu'on aurait eu lieu de le croire après deux combats aussi vifs et aussi longs que ceux du 15 et 16. L'état donné par les troupes des tués, pris et blessés considérablement ou légèrement monte à 2.400 hommes. Celle des ennemis doit être très forte. Les prisonniers et déserteurs assurent que les 15 régiments anglais et les Écossais, à qui nous avons eu affaire le 15 au soir, ont prodigieusement perdu. Les officiers des troupes légères des ennemis sont convenus avec les nôtres qu'ils ont beaucoup souffert et qu'on a été obligé de renvoyer dès le même jour sur les derrières le corps qui avait combattu le 15 au soir et au commencement de la matinée du 16. Quant aux troupes de Brunswick et hessoises qui ont renforcé les Anglais le 16 au matin, nous ignorons à quel point elles ont été maltraitées. M. Le duc d'Havré a eu un bras emporté, M. le marquis de Rougé la cuisse, et M. de Verac, gendre de M. le duc d'Havré, a été aussi blessé grièvement, tous les trois du même coup de canon auprès d'un arbre où ils s'étaient assis. Nous regrettons beaucoup les deux premiers qui sont morts de leurs blessures ; on espère que M. de Vérac en reviendra. M. de Villepatou, brigadier d'artillerie, a eu un coup de canon au bras, M. le duc de Duras, M. le marquis de Maupeou et M. le marquis de Gantés ont eu chacun une légère contusion. M. de La Blachette, brigadier, lieutenant-colonel du régiment de Rougé, M. le comte de Rougé, colonel, et M. Durand, major du même régiment, ont été faits prisonniers, le premier légèrement blessé. On ne peut pas dire trop de bien de la fermeté des troupes, elle est au-dessus de tout éloge. MM. De Duras, de Guerchy, de Maupeou et de Vaux, lieutenants généraux ; et MM. De Rochambeau, de Monty, de Gantés, de de Rochechouart, de Robecq, de Valence et de Closen, maréchaux de camp, sont les officiers généraux qui ont eut part à ces deux combats, et ils ont donné aux troupes le meilleur exemple et le mieux suivi. L'attaque du village le premier jour a roulé pendant les deux premières heures sur M. le baron de Closen seul, et ensuite sur M. le comte de Guerchy et M. de Rochambeau ; ils méritent les plus grands éloges par l'activité et la fermeté qu'ils ont témoignées et inspirées aux troupes. M. de Saint-Victor, commandant les volontaires, le chevalier de Chatelus, commandant les grenadiers et chasseurs détachés, de Scheid, colonel de Royal-Deux-Ponts, de Boisclaireau, de Boufflers, de Zugmantel brigadier, et de Montfort, lieutenant-colonel, se sont principalement distingués, ainsi que M. de Guibert, major général, qui a rendu les plus grands services et a été très bien secondé par tous les aides-majors généraux. Tous les officiers de l'état-major de l'armée ne se sont pas moins bien conduits et ont été de la plus grande utilité à M. le comte de Broglie pour tous les mouvements des troupes, et M. le maréchal leur en a marqué publiquement sa satisfaction. M. Le prince de Beauvau, n'ayant pas de division, a été toujours avec M. le maréchal dans le plus grand feu et s'est chargé avec le plus grand zèle de faire exécuter aux troupes différents mouvements. En tout, jamais armée n'a été plus ferme et conservé plus d'ordre dans deux combats aussi longs, dont le dernier était devenu aussi inégal et dans un pays aussi coupé ". |
||
Relations de l'année
|
| EE 88 |
23 juillet 1762
|
|
| EE 89 |
28 août 1762
|
|
|
"... Après deux heures de la plus vive canonnade, l'ennemi a été obligé de se retirer en désordre abandonnant 3 pièces de canon du parc. Le Prince Héréditaire, hors de la portée du canon, forma son armée en bataille sur deux lignes avec une réserve et se mit en marche pour revenir à la charge ayant sur le front de sa ligne beaucoup de canon tirant devant lui. Notre artillerie recommença à le foudroyer et eut bientôt fait taire la sienne. Alors ce prince détermina sa retraite qu'il fit en très bon ordre. S. A. S. le fit suivre jusqu'aux ponts du Wetter par les troupes légères et les dragons soutenus de deux brigades d'infanterie, et on lui a fait une soixantaine de prisonniers. Cette action, qui n'a été qu'un combat d'artillerie, nous coûte très peu de monde ; on ne peut évaluer la perte des ennemis parce que les morts et les blessés étaient répandus dans toute la plaine où notre canon a pu porter. Pendant l'action du 25, 300 chevaux ennemis sont allés à Friedberg pour en brûler les magasins. M. le comte de Noé, colonel des régiments de cavalerie de Bourbon, qui y était depuis le 23 avec deux escadrons de son régiment, a contenu ces 300 chevaux qui se sont retirés sans avoir fait aucun mal aux magasins. L'armée a campé le 25 sur le même terrain où elle a combattu ; elle a marché le 26 à Polyoens et le 27 sur Joannisberg près Friedberg, pour se rapprocher de MM. Les maréchaux avec lesquels la communication est libre du jour ". |
||
| EE 90 |
31 août 1762
|
|
|
"... Les troupes qui ont combattu ont beaucoup souffert ; elles ont donné des preuves de la plus grande valeur. Celles aux ordres de M. de Lévis ont soutenu avec la plus grande fermeté le premier effort de l'ennemi qui leur était fort supérieur en nombre de troupes. Le régiment de Boisgelin a attaqué le bois avec un ordre et une audace dont il y a peu d'exemples, et les dragons ont fait plusieurs charges très brillantes. On ne peut donner assez d'éloges à ces troupes et aux officiers supérieurs qui les ont commandées ainsi qu'aux officiers des différents états-majors. Notre perte a été d'environ 500 hommes tués ou blessés. On a tué aux ennemis environ 600 hommes, et on leur a pris deux étendards, 15 pièces de canon, 1.500 prisonniers dont 400 blessés, 30 officiers dont trois colonels, et plus de 1.200 chevaux de leur cavalerie ou dragons. M. de La Guiche, lieutenant général, a été fait prisonnier ; M. de Choiseul, colonel de dragons, blessé de deux coups de sabre ; M. de Wurmser, colonel des volontaires de son nom, blessé d'un coup de feu à la jambe. On assure le Prince Héréditaire blessé d'un coup de feu ". |
||
| EE 91 |
24 septembre 1762
|
|
|
"... L'on chantera le Te Deum à 5 heures du soir dans une tente qui sera placée en avant de la brigade de cavalerie des Croattes qui est campée à la droite de la brigade du Roy-infanterie. Pour cet effet, toute l'infanterie sera mise en bataille à la tête de son camp à 4 heures 1/2 du soir. Le feu commencera par l'artillerie de la réserve commandée par M. le marquis de Ségur, et sera suivi par l'artillerie des brigades de Picardie, de Poitou, et par le canon du parc et celui des brigades du Roy, de Boccard, de Castella et d'Auvergne, et après, de toutes celles aux ordres de M. le duc de Duras suivies de toutes celles aux ordres de M. le prince de Condé ; après quoi le feu de mousqueterie commencera par la gauche de l'aile gauche des troupes de la réserve de M. le prince de Condé. Il sera suivi par le feu des troupes aux ordres de M. le duc de Duras, suivi par celui de la brigade d'Auvergne, Castella, Boccard, le Roy, Poitou, Picardie, et de toutes les troupes aux ordres de M. le marquis de Ségur ; après quoy la seconde salve d'artillerie recommencera ainsi qu'il est expliqué ci-dessus de même que la troisième ". |
||